Sommeil

Ronflement et apnées du sommeil : à quoi sert l'orthèse d'avancée mandibulaire

Ronflements sonores, fatigue au réveil, pauses respiratoires signalées par le conjoint : ces signes méritent un avis médical. Parmi les traitements possibles, l'orthèse d'avancée mandibulaire se porte la nuit et se réalise au cabinet dentaire, sur prescription.

Ronfler, est-ce toujours bénin ?

Le ronflement est produit par la vibration des tissus mous du pharynx lorsque l'air passe dans un conduit rétréci. Pendant le sommeil, les muscles se relâchent, la base de la langue recule et l'espace disponible diminue. Il concerne une part importante de la population adulte et augmente avec l'âge et le surpoids.

Isolé, il reste souvent sans conséquence pour la santé, même s'il perturbe le sommeil du conjoint. Il devient un signal d'alerte lorsqu'il s'accompagne d'autres manifestations : pauses respiratoires observées par l'entourage, réveils en sursaut avec sensation d'étouffement, sommeil non réparateur, somnolence dans la journée, maux de tête au réveil, troubles de la concentration ou de l'humeur.

Cet ensemble évoque un syndrome d'apnées obstructives du sommeil, c'est-à-dire des interruptions répétées de la respiration pendant la nuit. Les estimations varient selon les critères retenus, mais les études s'accordent sur un point : une large part des personnes concernées ignorent leur trouble. Or les apnées non traitées sont associées à un risque cardiovasculaire et métabolique accru, et à une augmentation du risque d'accident lié à la somnolence.

Ce qu'est une orthèse d'avancée mandibulaire

C'est un dispositif médical sur mesure, composé de deux gouttières reliées entre elles, l'une sur l'arcade du haut, l'autre sur celle du bas. Il se porte uniquement pendant le sommeil.

Son principe est mécanique : en maintenant la mâchoire inférieure légèrement avancée, il entraîne vers l'avant la base de la langue et les tissus du pharynx. L'espace derrière la langue s'en trouve élargi, ce qui limite la vibration à l'origine du ronflement et les fermetures du conduit responsables des apnées.

L'avancée n'est pas figée : elle se règle progressivement, millimètre par millimètre, jusqu'à trouver la position qui soulage les symptômes tout en restant confortable. C'est ce réglage progressif, et non le port de l'appareil seul, qui détermine le résultat.

Dans quels cas est-elle envisagée ?

L'orthèse ne se décide pas au cabinet dentaire. Elle intervient après un diagnostic posé par un médecin — pneumologue, médecin du sommeil, oto-rhino-laryngologiste ou cardiologue selon les situations — sur la base d'un enregistrement du sommeil, polygraphie ventilatoire ou polysomnographie.

Elle est classiquement proposée dans le ronflement simple gênant, dans les apnées légères à modérées, et dans les formes plus sévères lorsque la ventilation par pression positive continue n'est pas supportée ou refusée. C'est le médecin prescripteur qui situe le patient dans l'une de ces situations.

Le rôle du chirurgien-dentiste commence à la prescription : il vérifie que la bouche peut recevoir l'appareil, le fait réaliser, le règle et en assure le suivi. Une prise en charge par l'Assurance Maladie est prévue sous conditions, définies par la prescription et les résultats de l'enregistrement du sommeil.

Les conditions à réunir côté dents

L'orthèse prend appui sur les dents : leur état conditionne sa faisabilité. Un examen clinique et radiographique précède donc toujours sa réalisation.

Il faut un nombre suffisant de dents solides sur chaque arcade pour répartir les forces, des gencives saines, et l'absence de mobilité importante. Les caries et les foyers infectieux sont traités au préalable. Les prothèses existantes, couronnes et bridges, sont évaluées car l'appareil s'appuie aussi sur elles.

L'articulation de la mâchoire est examinée avec attention. Des douleurs articulaires ou des blocages, une limitation de l'ouverture buccale, un bruxisme sévère peuvent contre-indiquer l'orthèse ou imposer une prise en charge préalable. Ces vérifications ne sont pas une formalité : elles évitent des complications que l'on corrige mal une fois l'appareil en place.

Comment se déroule la réalisation

La première séance est une consultation dédiée : examen, contrôle des conditions évoquées ci-dessus et photographies, qui serviront de référence pour suivre l'évolution de la position des dents.

Une empreinte des deux arcades est ensuite réalisée, avec l'enregistrement de la position d'avancée de départ. Le laboratoire fabrique l'appareil sur mesure à partir de ces éléments.

Vient la pose, quelques jours plus tard : l'appareil est ajusté en bouche, son insertion et son retrait sont expliqués, ainsi que son entretien quotidien. Un contrôle est programmé après les premières nuits de port, le temps que l'adaptation se fasse, puis le réglage de l'avancée se poursuit séance après séance selon la tolérance et les symptômes.

Effets indésirables et suivi

Les premiers jours s'accompagnent fréquemment d'une gêne des mâchoires au réveil, d'une salivation augmentée ou au contraire d'une bouche sèche, et d'un sentiment d'encombrement. Ces manifestations s'atténuent le plus souvent en une à deux semaines.

À plus long terme, le port nocturne prolongé peut faire évoluer la position des dents et la façon dont les arcades s'emboîtent. C'est la raison d'être du petit dispositif de repositionnement porté quelques minutes le matin, au retrait de l'orthèse, et des contrôles réguliers avec comparaison aux photographies initiales.

Le suivi est donc partagé : le dentiste surveille les dents, les gencives et l'articulation ; le médecin prescripteur vérifie l'efficacité sur le sommeil, en règle générale par un nouvel enregistrement une fois l'avancée stabilisée. Une orthèse bien tolérée mais inefficace, comme une orthèse efficace mais mal supportée, doit conduire à revoir la stratégie.

Quand en parler

Si votre entourage signale des ronflements sonores ou des pauses respiratoires, ou si vous vous levez fatigué malgré des nuits de durée normale, parlez-en à votre médecin traitant : c'est lui qui orientera vers un enregistrement du sommeil si la situation le justifie.

Si vous disposez déjà d'une prescription d'orthèse d'avancée mandibulaire, un rendez-vous au cabinet dentaire permet de vérifier les conditions dentaires et d'engager la réalisation. Pensez à apporter l'ordonnance et le compte rendu de l'enregistrement du sommeil : ils guident le réglage.

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